Cour administrative d'appel de Paris, 1e chambre, du 7 novembre 1989, 89PA00635, mentionné aux tables du recueil Lebon
Texte intégral
Cour administrative d'appel de Paris - 1E CHAMBRE
N° 89PA00635
Mentionné dans les tables du recueil Lebon
Lecture du mardi 07 novembre 1989
Président
M. Massiot
Rapporteur
Mme Lackmann
Commissaire du gouvernement
M. Dacre-Wright
RÉPUBLIQUE FRANCAISE
AU NOM DU PEUPLE FRANCAIS
Sur la compétence de la juridiction administrative Considérant qu'il résulte de l'instruction que la construction d'ateliers-relais par la ville de Saint-Denis est destinée à favoriser la création et l'implantation définitive d'entreprises artisanales sur le territoire de la commune ; que cette intervention a ainsi pour objet de "favoriser le développement économique de la commune" conformément aux dispositions de l'article 5 de la loi du 2 mars 1982 relative aux droits et libertés des communes ; que ces ateliers-relais sont donc affectés à un service public et aménagés spécialement à cet effet ; que, dans ces conditions, ces ateliers font partie du domaine public communal ; que par suite, il appartient à la juridiction administrative de connaître de la demande d'expulsion formulée par la commune laquelle ne peut pas s'apprécier suivant la législation sur les baux commerciaux ; Sur la régularité de l'ordonnance attaquée Considérant qu'il ressort des pièces du dossier que la lettre recommandée contenant la requête en référé de la commune de Saint-Denis (Réunion) tendant à ce que la société Pardon Création soit expulsée de l'atelier-relais communal "chemin Finette II", ne lui a été présentée que le 31 octobre 1988 ; que cette transmission était assortie d'un délai de cinq jours pour présenter des observations ; que la société requérante produisit un mémoire en défense enregistré le 4 novembre 1988 alors même que le délai prescrit n'était pas expiré ; que dès lors, et sans qu'il soit besoin de statuer sur les autres chefs d'irrégularité soulevés par la société requérante, l'ordonnance du juge des référés du tribunal administratif de Saint Denis (Réunion) émise le 2 novembre 1988 n'a pas respecté le principe du contradictoire et doit de ce fait être annulée ; Considérant que l'affaire est en état ; qu'il y a lieu d'évoquer afin qu'il soit statué immédiatement sur le présent litige ; Sur l'urgence Considérant qu'il ressort des pièces du dossier qu'en occupant indûment un atelier-relais, la société Pardon Création compromet le fonctionnement du service public instauré par la ville de Saint-Denis ; qu'il y a donc urgence à libérer cet atelier-relais ; Au fond Considérant qu'il résulte de l'instruction que, par avenant du 17 janvier 1986, la société requérante a été autorisée à occuper les lots n°3 et 4 des ateliers-relais dits "chemin Finette II" et à abandonner le lot n° 5 de l'atelier dit "chemin Finette I" ; que la délibération du conseil municipal classant dans le domaine public les ateliers "chemin Finette II" date du 2O juin 1985 ; que dès lors le moyen tiré de la circonstance que ce classement soit postérieur à l'occupation des lieux par la société requérante manque en fait ; Considérant qu'il ressort des pièces du dossier, et qu'il n'est pas contesté que la société Pardon Création a été autorisée par avenants successifs à la convention initiale à occuper l'atelier-relais jusqu'au 30 juin 1988 ; qu'à compter de cette date la société requérante occupait indûment et sans titre le domaine public communal ; qu'il y a donc lieu d'ordonner son expulsion ;
Article 1er : L'ordonnance n° 507 du 2 novembre 1988 du président du tribunal administratif de Saint Denis (Réunion) est annulée.
Article 2 : Est ordonnée la libération sans délai par la société Pardon Création des locaux de l'atelier-relais "...", route des artisans à Sainte Clotilde qu'elle occupe sans titre régulier. Faute par ladite société de déférer sur le champ à l'injonction qui lui est ainsi faite, il pourra être pourvu à son expulsion par les moyens de droit.
Article 3 : Le surplus de la requête de la société Pardon Création est rejetée.
Article 4 : Le présent arrêt sera notifié à la société Pardon Création et au maire de Saint Denis.
Analyse
CETAT14-03 COMMERCE, INDUSTRIE, INTERVENTION ECONOMIQUE DE LA PUISSANCE PUBLIQUE - MESURES D'INCITATION -"Ateliers-relais" construits par une commune pour favoriser la création et l'implantation d'entreprises artisanales - Affectation à un service public.
CETAT16-04-02-02-01 COMMUNE - FINANCES, BIENS, CONTRATS ET MARCHES - BIENS DES COMMUNES - DOMAINE PUBLIC - CONSISTANCE -"Ateliers-relais" construits par une commune pour favoriser la création et l'implantation d'entreprises artisanales - Affectation à un service public.
CETAT16-05-16 COMMUNE - SERVICES PUBLICS MUNICIPAUX - ATELIERS-RELAIS -Appartenance au service public.
CETAT24-01-01-01-01-01 DOMAINE - DOMAINE PUBLIC - CONSISTANCE ET DELIMITATION - DOMAINE PUBLIC ARTIFICIEL - BIENS FAISANT PARTIE DU DOMAINE PUBLIC ARTIFICIEL - AMENAGEMENT SPECIAL ET AFFECTATION AU SERVICE PUBLIC OU A L'USAGE DU PUBLIC -Affectation à un service public - "Ateliers-relais" construits par une commune pour favoriser la création et l'implantation d'entreprises artisanales.
CETAT54-03-01-04-01 PROCEDURE - PROCEDURES D'URGENCE - REFERE TENDANT AU PRONONCE D'UNE MESURE URGENTE - CONDITIONS - URGENCE -Existence - Expulsion de l'occupant d'une dépendance du domaine public dont le maintien dans les lieux compromet le fonctionnement du service public auquel le local est affecté.
14-03, 16-05-16 La construction par la ville de Saint-Denis d'ateliers-relais destinée à favoriser la création et l'implantation définitive d'entreprises artisanales sur le territoire de la commune, a ainsi pour objet de "favoriser le développement économique de la commune" conformément aux dispositions de l'article 5 de la loi du 2 mars 1982 relative aux droits et libertés des communes. Ces ateliers-relais sont donc affectés à un service public.
16-04-02-02-01, 24-01-01-01-01-01 La construction par la ville de Saint-Denis d'ateliers-relais destinée à favoriser la création et l'implantation définitive d'entreprises artisanales sur le territoire de la commune, a ainsi pour objet de "favoriser le développement économique de la commune" conformément aux dispositions de l'article 5 de la loi du 2 mars 1982 relative aux droits et libertés des communes. Ces ateliers-relais, par là même affectés à un service public et aménagés spécialement à cet effet, font partie du domaine public communal.
54-03-01-04-01 En se maintenant sans titre dans un "atelier-relais" institué par une commune sur le domaine public et grâce à des fonds publics en vue de faciliter le développement d'entreprises artisanales, la société en cause compromet le fonctionnement du service public ainsi instauré. La condition d'urgence nécessaire pour que le juge administratif des référés prononce son expulsion par ordonnance est, de ce fait, remplie.